Autour du Worshop UbiComp, animé par Nicholas Nova et dans notre session par Frederic Kaplan
La discussion s'est engagée sur la notion de "disparition des interfaces" qui semblent être induites par l'UbiComp, c'est à dire "disparition des ordinateurs".
Nous commençons nos échanges sur la notion de FeedBack, c'est-à-dire la restitution à un ordre ou à une manipulation donné par un utilisateur. Un dispositif doit-il renvoyer une prise en compte dans le monde électronique/informatique ?
Ce point de discussion, nous oblige a définir ce u'est une interface est-elle caractérisée par un feedback ou par la métaphore ou le langage qu'elle met en place ?.
Petit balayage du réel: le marteau exprime sa propre raison d'exister de par la logique de son usage et de sa forme, le thermostat du radiateur au contraire n'indique pas le résultat de son action immédiatement...
La manipulation d'un objet technique depuis l'arrivée de l'électronique et de l'informatique augmente les possibilités au détriment de la logique interne structurelle de l'objet, de sa taille qui n'est pas dicté par la technique mais par par les critères physiques de son utilisateur. L'objet technique contemporain
( NéoObjet ) n'a plus de de logique de construction de son esthétique propre (on peut totalement décorrélé la forme de la fonction).
Comment raisonner la forme et les fonctions dans un objet où les fonctions sont portées par des technologies qui prennent peu de place et dont le service peut être en dehors de l'objet.
Pour reprendre des exemples dans le réel, l'avion Caravelle conçut dans les années 1950 possède un cockpit qui centralise des commandes électromécaniques et hydrauliques et est organisé autour des contraintes de cohabitation de tous les éléments physiques à intégrer: commande, câble, afficheur et par l'aménagement difficile de tout cela.
Depuis le Cockpit de l'A320 tout a changé; des écrans (glass cockpit), moins de cadrans (tout est regroupé), moins de boutons (mais chaque bouton possède plusieurs fonctions masquées)
On perd donc en contraintes d'organisations physiques, on gagne en place, on perd en simultanéité d'affichage. et surtout la conecion directe entre l'homme et la machine.
On est passé d'une philosophie de tableau de bord a celle d'une interface. Le pilote commande d'ailleurs un ordinateur qui dialogue avec l'avion. Cette interface est identique pour tous les modèles de la famille Airbus.
La commande de l'avion devient un élément clé et compétitif du produit global.
Le cockpit n'est plus régi par des contraintes, mais comme une ambition.
Pour revenir à nos échanges, la discussion est essentiellement centrée sur un séquençage de l'objet: la forme, l'interface, le feedback, les possibilités d'actions.
Le regard d'un designer est d'abord de considérer qu'un dispositif avec ou sans interface est d'abord un usage, qui répond et s'inscrit dans un contexte et qui doit justifier de sa raison d'exister. Ces dispositifs relévent également d'une histoire et d'une culture.
La question n'est pas tant la disparition des interfaces que la construction d'une métonymie expressive, cognitive, culturelle et désirable d'un dispositif numérique, un objet.
Faire dialoguer des machines entre elle, ou des objets avec des humains n'a d'intérêt que si cela s'inscrit dans un usage réel, confortable, désirable, ouvert et appropriable.
D'autres parts, je pourrais ajouter que le numérique et sa supposée virtualité, induit la nécessité d'incarnations.
Le virtuel a besoin de représentation, les objets ne disparaîtront donc pas.
L'enjeu pourrait être la fin de la traditionnelle organisation écran-interface/objet. A nous d'imaginer de nouvelles répartitions, de nouveaux métissages et de nouvelles matérialités.
On pourrait donc distinguer deux voies de recherches centrées sur la notion historique et incarnante d'objet.
l'interface devient l'objet: WaDoor, Wapix, Iphone, EBook, etc....;
l'objet devient l'interface: WaAz, Wasnake, Wii, Nabaztag