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Published on LIFT conference (http://liftconference.com)

LIFT repousse toujours plus loin les frontières du possible

By Laurent Haug
Created Feb 27 2008 - 19:23

Les innovations en matière de puces ouvrent de nouveaux horizons à la communication. Exemples avec un lapin et un cyborg. Your browser may not support display of this image.Your browser may not support display of this image.Your browser may not support display of this image.

Alexandre Sonnay à Genève

Les nouvelles technologies imposent-t-elles de nouvelles frontières? Une question à laquelle la troisième édition du sommet LIFT, qui s’est tenue la semaine dernière à Genève, a tenté de répondre. Dans la salle, près de 700 personnes se sont réunies pour discuter des impacts des nouvelles technologies sur la société. Ici, peu de place pour le stylo et le papier: les Mac envahissent les tables. Pour les conférenciers, l’exercice est des plus exigeants. Comment capter l’attention de cet auditoire, qui blogue, surfe, vérifie ses mails, ou continue simplement ses projets? Comment rompre cette véritable barrière d’ordinateurs portables? Ça tombe bien, les conférenciers sont justement venus ici pour parler de ce sujet. Discuter de ces nouvelles frontières, pour laisser deux mondes interagir.

Kevin Warwick, le premier cyborg

Tel est le cas de Kevin Warwick, le premier homme cyborg, présent à Genève pour l’occasion. Ce professeur de cybernétique à l’Université de Reading au Royaume-Uni est le premier être humain à s’être implanté une puce électronique dans le bras gauche. Pendant trois mois, cet explorateur d’un nouveau genre a fait sortir une partie de son système nerveux hors de son corps pour le faire interagir avec des ordinateurs. Une sorte de brassard vert accrochée au poignet lui servait d’interface. «Je devais être très prudent dans la douche pour ne pas court-circuiter mon système nerveux», raconte le professeur. En se connectant à internet, ce précurseur a réussi à transférer les impulsions électrochimiques de son cerveau à travers le web pour bouger une main mécanique de l’autre côté de l’Atlantique. Avec sa femme, qui a accepté de se planter une électrode dans le bras gauche, le couple a pu pour la première fois établir une communication entre deux systèmes nerveux. «Lorsque mon épouse a voulu bouger son bras, j’ai pu le ressentir dans mon cerveau. Ce n’était pas douloureux, je pouvais juste le ressentir», témoigne-t-il. Les possibilités thérapeutiques de cette expérience unique sont gigantesques. Mais le professeur voit plus loin. A partir de l’interaction entre le système nerveux et le monde numérique, «l’être humain va pouvoir développer de nouvelles capacités, inventer de nouvelles façons de communiquer, directement de cerveau à cerveau en utilisant des concepts, des couleurs et mêmes de nouvelles dimensions». Son nouveau projet? Développer des neurones de rats en culture pour les connecter à des robots.

De l’électricité en provenance directe du soleil

Pour Guy Pignolet, l’espace sera notre prochaine source d’énergie. D’immenses panneaux solaires en orbite permettront de capter l’énergie de notre astre. L’électricité ainsi saisie sera projetée par micro-ondes en direction de la terre, dans des zones de collecte. Un système qui conviendrait parfaitement aux grandes villes. L’ingénieur travaille actuellement sur un projet de transport d’électricité sans fil à Grand-Bassin. Ce village encaissé de la Réunion pourrait profiter d’un projecteur de micro-ondes, installé au sommet d’une montagne, qui permettrait de lui fournir 10KW d’électricité. «Le système a fait ses preuves, et l’étude de cas est terminée.» Ne manque plus qu’une équipe industrielle pour réaliser le projet. Et l’espace? Guy Pignolet collabore actuellement avec une équipe japonaise sur les centrales solaires spatiales. «Les Américains travaillent également sur un tel projet, mais de leur côté», ajoute l’expert. Rendez-vous entre 2040 à 2050 pour l’inauguration de la première installation spatiale.

Nabaztag, le lapin qui vous connecte partout

Rafi Haladjan, fondateur de la société française Violet, veut quant à lui faire tomber les barrières entre les objets domestiques. «Nous possédons plusieurs milliers d’objets. Seuls 5 sont connectés entre eux, comme le téléphone, la télévision ou l’ordinateur, explique l’ingénieur français, ancien entrepreneur du Minitel. Je veux tous les connecter entre eux.» Son ambition a pris la forme d’un lapin, répondant au nom intrigant de Nabaztag. Pourquoi un lapin? «S’il est possible de connecter un lapin, on peut tout connecter», répond le créateur. Ce mammifère en plastique stylisé, relié au réseau WiFi, permet de communiquer avec son propriétaire, grâce à ses oreilles ou à des lampes de couleurs lui éclairant le ventre. Il lit ainsi des mails, des prévisions météorologiques, ainsi que des fichiers mp3; il peut même se marier avec d’autres Nabaztag. La nouvelle version de ce lapin en plastique blanc peut détecter des puces RFID (radio-identification), ce qui ouvre d’immenses perspectives, selon son concepteur. L’éditeur Gallimard a, par exemple, lancé la commercialisation de livres intégrant une puce afin que le lapin puisse les lire. Prochaine étape: des timbres à RFID à coller sur des objets pour que le Nabaztag interagisse avec chaque objet qu’il renifle.



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